Trois sportifs nous livrent leurs secrets, qui s'appliquent aussi au monde de l'entreprise : Stéphane Lecat, ancien champion et actuel directeur des équipes de France d’eau libre, Aurélie Muller, championne du monde du 10 km en eau libre, et Marc-Antoine Olivier, nouveau champion du monde du 5 km en eau libre. Ils parient plus sur le mental que le physique. Et, contrairement à l'entraînement, en compétition, ils se reposeraient presque !

« Je suis le patron de la discipline » : c'est ainsi que se définit Stéphane Lecat, dont le titre officiel actuel est directeur des équipes de France d’eau libre. Une expression qui peut être à double sens... « Et c'est bien comme cela qu'il faut l'entendre ! », rit Aurélie Muller, championne du monde depuis 2015 du 10 km en eau libre. Car la discipline est un élément essentiel pour espérer accomplir de grandes choses.

Un mental d'acier

Ce n'est pas le seul, cependant. La préparation mentale en est un autre. Stéphane Lecat, multiple médaillé en eau libre, pense même qu'elle est la clé du succès. « Si on est à un niveau élevé de mental mais quelque peu 'dés-entraîné', on a plus de chances de réussir que si c'est l'inverse », assure-t-il. Il travaille toujours avec ce qu'il appelle « un modèle de performance ». Un business modèle ou une stratégie d'entreprise, en quelque sorte, qui prend en compte les différents facteurs, tels que la physiologie, la psychologie, l'aspect technico-tactique... et l'inter-relation de tous ces éléments. »

Une parfaite lucidité

Enfin, dernier ingrédient de la recette gagnante, la lucidité. « Dans une épreuve de haut niveau comme dans les affaires, il faut pouvoir, malgré la fatigue, rester assez frais pour agir correctement », souligne Stéphane Lecat. Mais comment ? « En décrochant mentalement pour pouvoir mieux revenir ensuite », répond ce spécialiste. Si, pour un commercial, cela veut dire des micro-siestes dans un taxi à la sortie d'un avion, cela signifie pour un sportif apprendre à se mettre sur auto-pilote, d'abord à l'entraînement, puis pendant une partie de la compétition, afin de s'économiser et d'avoir l'énergie nécessaire pour réagir au bon moment.

C'est d'ailleurs ainsi que Marc-Antoine Olivier, aux Jeux Olympiques de Rio, a conquis sa place sur le podium. En concurrence avec des athlètes plus expérimentés que lui (il avait à peine 20 ans à l'époque), il tente de se détacher du peloton au cinquième kilomètre de la course de 10 km - « mais tout le monde m'a rattrapé », se souvient-il. Pas question de perdre le moral, ni la concentration. Lucide, il comprend qu'il devra attendre le sprint final s'il veut sortir du lot. Et c'est ce qu'il a fait en prenant la médaille de bronze.

Changer d'échelle

NL8-WYZ-Marc-Antoine-OlivierMarc-Antoine Olivier, qui bénéficie du soutien financier et psychologique de toute l'équipe WYZ, via le Pacte de Performance lancé par les autorités françaises en 2014 pour associer athlètes et entreprises, ne comptait évidemment pas en rester là. D'autant que le modèle de performance mis au point par Stéphane Lecat permet de grimper les échelons et de rester leader... Aurélie Muller, déjà au top depuis 2015, est allée aux championnats du monde de natation de Budapest, à la mi-juillet, « pour remettre le titre en jeu », comme elle le disait en toute décontraction avant les épreuves, tandis que Marc-Antoine Olivier, arrivé 6ème aux précédents championnats du monde, voulait évidemment faire mieux. A Budapest, il est devenu... champion du monde du 5 kilomètres en eau libre ! Aurélie Muller a, elle, conservé son titre et a été sacrée championne du monde du 10 kilomètres, comme à Kazan deux ans plus tôt. En outre, Marc-Antoine a décroché le bronze sur 10 km, et Aurélie, l'argent sur 5 km...

Etre créatif pour se dépasser

Se dépasser, autre notion chère aux sportifs … et aux autres. Là encore, comment faire ? Stéphane Lecat parie sur la zone de confort. Dont il faut sortir, bien entendu. Quadruple vainqueur du marathon de 57 kilomètres qui se dispute tous les ans dans les eaux du Rio Coronda, en Argentine, il a proposé à Aurélie Muller de relever ce défi homérique en 2017. Résultat : elle est sur le podium ! Comme une entreprise, qui passe d'un statut de PME à celui d'ETI, par exemple, et d'un leadership sur la France à une stature européenne - une prouesse que WYZ réalise actuellement. En attendant les « championnats » du monde...

Observer les meilleurs

Et pour cela, Stéphane Lecat a un autre secret : « Nous avions l'habitude, surtout pour des questions de temps, de moyens et de logistique, de ne faire des débriefings que sur les défaites, révèle-t-il. Maintenant, l'accent est mis sur l'analyse des victoires. » Pourquoi ? Mais pour voir ce qui aurait pu être encore plus performant, par exemple, dans le fameux modèle qu'il a mis en œuvre pour l'équipe de France. Et de toute façon, conclut-il, « nous avons pris l'habitude d'observer les meilleurs, pour les dépasser. »

La conquête, étape par étape

NL8-WYZ-Aurelie-MullerLutte contre les autres athlètes, mais aussi, et surtout, contre soi. « Nous nous fixons des objectifs en début de saison, explique ainsi Aurélie Muller, et chaque compétition, chaque victoire à un niveau plus élevé correspond simplement à une étape... ». Du coup, les enjeux des compétitions sont relativisés. Et puis, souligne de son côté Marc-Antoine Olivier, « la phase d'entraînement est beaucoup plus longue et difficile que la période de compétition, du coup, cette dernière apparaît comme un vrai plaisir ! ». Bref, si l'entraînement est une période de concentration intense, la course, elle, est un pur bonheur, et c'est cette relaxation pendant ce moment qui permet in fine d'atteindre les objectifs fixés.

Avec un but en ligne de mire : participer, et gagner, aux Jeux olympiques de Tokyo, en 2020. « C'est un pacte entre l'entraîneur et l'entraîné », concluent à cet égard les deux sportifs de haut niveau. Un entraîneur qui partage les caractéristiques d'un bon manager dans une entreprise. « Il s'agit de s'adapter au fonctionnement des gens, explique ainsi Stéphane Lecat, de faire preuve d'empathie et de respect, et de voir chaque individu comme faisant partie d'une équipe. » Tiens, dans un sport individuel, on parle d'équipe ? D'abord parce que les courses se passent également en équipe, et aux championnats du monde en Hongrie, le relais mixte, composé de Marc-Antoine Olivier, Aurélie Muller, Océane Cassignol et Logan Fontaine, a raflé la médaille d'or. Et ensuite parce que « sans travail on est rien, mais sans équipe, on n'est rien non plus », assure avec force Marc-Antoine Olivier. Et si pour l'instant, sa famille, c'est l'équipe de France de natation, il a reconnu ces qualités de solidarité et de partage dans les équipes de WYZ qui l'accompagnent.

  

Quant à celles de WYZ, elles vibrent pour les champions de la nage en eau libre, et elles souhaitent « modestement » imiter ceux-ci, en se lançant un nouveau défi sportif : après plusieurs Iron Man, place à un exploit maritime, dont vous découvrirez le contenu prochainement. L'entraînement, physique et mental, est déjà lancé ! Quant à celles de WYZ, elles vibrent pour les champions de la nage en eau libre, et elles souhaitent « modestement » imiter ceux-ci, en se lançant un nouveau défi sportif : après plusieurs Iron Man, place à un exploit maritime, dont vous découvrirez le contenu prochainement. L'entraînement, physique et mental, est déjà lancé !