« Nous voulons démarrer cette nouvelle activité pneus avec toutes les cartes en main et avec WYZ, je sais que je les ai. »


Yves Thépaut, directeur services et réseau, Scania France

 

WYZ : Comment va Scania ? 

Yves Thépaut : Très bien merci ! La société, qui vend des cars, des bus, des camions et des moteurs industriels, est en phase de croissance depuis plusieurs années. En France, les ventes de véhicules neufs ont augmenté de 9% sur ce premier semestre et notre part de marché s'est accrue. Quant à nos activités dans l'après-vente (pièces détachées, etc.), elles ont également progressé de 9%. En outre, nous avons une centaine d'ateliers qui travaillent sur la réparation d'engins mis sur les routes.

WYZ : Scania s'ouvre de nouveaux horizons avec un service pneumatiques pour les poids lourds et les gros engins. Qu'est-ce qui vous a conduit à opter pour cette stratégie ?
Y.T. : J'ai longtemps travaillé dans le secteur de l'automobile. Les pneus y sont à 100% pris en charge par des ateliers de réparation. Or ce n'est pas la même chose dans le secteur des poids lourds. Selon une enquête de la profession, seuls 26% des ateliers pour poids lourds (parmi lesquels figurent ceux de Scania) sont équipés pour démonter et remplacer des pneus. Pas étonnant que ces remplacements ne représentent que 2% des entrées ateliers. Pourtant, sur l'ensemble des dépenses de maintenance de ces engins, 29% l'est sur les pneus, ce qui correspond en moyenne à près de 2000 euros par an et par véhicule. En somme, 29% du business nous échappe ! On comprend dès lors où se trouvent les sources de croissance possible.... Une fois ce diagnostic posé, nous avons dû acclimater l'idée auprès des ateliers pour qu'ils envisagent de se doter des équipements nécessaires. Et evidemment, en parallèle, j'avais pris contact avec les équipes de WYZ Group, puisqu'il se trouve que j'en connais certains membres depuis de nombreuses années. Je me suis donc spontanément tourné vers eux.

WYZ : Qu'attendez-vous des prestations de Pneu WYZ dans le domaine que vous avez choisi ?
Y.T. : L'enjeu, pour les poids lourds comme pour les automobiles, c'est la disponibilité. Elle doit être sans faille. Et paradoxalement, les manufacturiers ne sont pas les meilleurs pour répondre à cette exigence. En revanche, la solution de WYZ est intéressante. Elle s'appuie sur plusieurs dépôts européens et permet d'obtenir cette disponibilités des pneus. Certes, WYZ n'avait pas jusqu'ici travaillé sur les pneus poids lourds, mais je me souviens de la réaction des équipes lorsque j'en ai parlé : « On ne fait pas cela, m'ont-elles dit, mais cela ne veut pas dire qu'on ne sait pas faire ! ». Du coup, les professionnels de WYZ ont développé une plateforme et mis sur pied un dispositif d'approvisionnement pour ce type de pneus, avec négociation des conditions auprès des fournisseurs. Au delà de la disponibilité, il s'agit en effet de ne pas être « dé-positionné » côté tarifs. Les deux choses sont d'ailleurs indissociables, même si pour la société de transport, le plus important est que les camions soient sur les routes. Arrêtés, ils ne servent à rien et, au contraire, ils coûtent de l'argent ! Nous avons démarré l'activité cet été, début juillet, avec quatre ateliers, et nous comptons deux ans pour un déploiement auprès de tout le réseau, sur tout le territoire. En plus de l’équipement dont les ateliers doivent se doter, il faut aussi former le personnel. Enfin, nous allons cibler pour ces nouveaux services les flottes petites et moyennes - des sociétés qui ont entre cinq et 10 camions - travaillant de façon régionale. Ces flottes représentent 35% de nos clients. Notre succès commercial est particulièrement bon auprès de cette cible. La raison ? Contrairement à d'autres entreprises du secteur, qui font des produits plus standardisés en direction de très grandes flottes, nos camions ont un prix, certes, mais aussi une âme....

Nous verrons ensuite si les très grandes flottes s'intéressent à cet avantage, alors qu'elles ont souvent des contrats d'approvisionnement direct avec des manufacturiers. Dans un premier temps, notre objectif est donc d'écouler un volume de l'ordre de 250 pneus par an par atelier.

WYZ : Comment se sont passés vos premiers contacts de travail avec les équipes WYZ ?
Y.T. : J'ai appelé Pierre Guirard pour lui parler poids lourds dans un premier temps, puis nous avons eu plusieurs réunions, en face à face ou via Skype, du fait que WYZ est à Compiègne tandis que nous sommes basés à Angers. Puis, les équipes de WYZ ont développé les outils nécessaires. Et aujourd'hui, nous avons déjà trouvé des développements complémentaires à effectuer. De fait, l'usage des pneus, pour les poids lourds, n'est pas le même que celui des véhicules légers, les fonctions pour les roues avant, arrière, ainsi que celles qui sont sur les essieux étant différentes entre elles. Autrement dit, sur les camions, il faut trois types de pneus différents pour chaque véhicule, ce qui n'est pas le cas sur une voiture. Nous allons donc personnaliser un peu plus l'outil pour le rendre plus efficace dans l'identification des différents types de pneus sur la plateforme. D'ailleurs, nous sommes, avec WYZ, sur un schéma d'amélioration continue. Ainsi, nous avons d'autres idées pour accroître les fonctionnalités de l'outil : qu'il s'agisse de pneus équipant des camions qui font de la longue distance ou de la livraison urbaine, des bus de ville ou des autocars, les usages et, par conséquent les besoins sont différents.

WYZ : Scania va être le premier client pneumatiques poids lourds pour WYZ. Etes-vous content d'être « un défricheur » ?
Y.T. : Etre un défricheur n'est pas une finalité en soi. Nous voulons démarrer cette nouvelle activité pneus avec toutes les cartes en main et avec WYZ, je sais que je les ai. Avec ce que j'avais vu dans l'automobile chez WYZ, je savais que la réponse apportée aux besoins du marché pouvait être adaptée aux poids lourds. J'ai confiance dans la réussite de notre projet. Nos ateliers investissent et WYZ a bien entendu consenti des investissements également. Dans notre cas, le retour sur investissement devrait se faire sur deux à trois ans.

WYZ : Que pensez-vous de l'essor de WYZ, de son business modèle, de son développement à l'étranger ?
Y.T. : Cet aspect « défricheur » potentiel au niveau européen sur le marché du pneu poids lourds, en faveur de WYZ, est une satisfaction pour Scania. A part quelques pays nordiques, personne en Europe ne travaille le pneu poids lourds comme nous entendons le faire. Je suis sûr que les résultats seront probants en France. Dans ces conditions, d'autres pays devraient nous emboiter le pas. Scania est en effet présent dans toute l'Europe ainsi qu'en Amérique du Sud, en Australie et au Japon. Autant dire que, grâce à cela, le monde est ouvert à WYZ dans ce domaine...